Village

Village2 blog photosSix mois depuis notre vol aller simple. Six mois que nous avons laissé derrière nous amis, famille, église et emploi.  Et nous voilà plongés dans un nouvel univers, que l’on veut plein de nouvelles rencontres, de nouvelles amitiés.

Nous avons besoin tous les quatre de rapports personnels et profonds avec d’autres sur leur propres chemins de foi, de vie. Oui, même mes enfants, du haut de leurs 3 et 4 années.

Bien sûr, il y a les parents rencontrés à la sauvette, à la sortie de l’école. Bien sûr, il y a le dimanche matin, ou l’on retrouve des centaines d’autres pour adorer ensemble le même Dieu.

Mais ces deux heures le dimanche, c’est un peu la cerise sur le gâteau ; une belle expérience qui termine la semaine en beauté. Cette expérience a énormément de valeur, mais ce n’est pas à ce moment là, avec les enfants qui crient famine et me tirent la main pour rentrer à la maison, et où chaque conversation est interrompue par une connaissance qui tape l’épaule en lançant un « hi, how are you ? » tout en se dirigeant vers la sortie ; ce n’est pas la, non, que les vrais échangent se passent.

Pour tisser des liens, développer un intérêt pour une autre personne, il me faut moins d’interruptions, du temps, et une certaine constance. J’ai besoin de prévoir un temps à part et régulier, un espace où chacun peut se sentir libre de parler à son aise, sans être pressé.

Ce désir n’est pas nouveau ; je suis loin d’être la première à trouver utiles et enrichissants les rapports aux autres de même foi, mais d’horizons et d’histoires variés.

Apres l’ascension de Jésus, aux balbutiements de l’église, ses ‘suiveurs’ se rencontraient régulièrement pour s’encourager, se tourner ensemble vers Dieu. Pour le remercier et lui présenter leurs requêtes, l’écouter et se laisser guider par lui.

Ces hommes et femmes avaient besoin les uns des autres pour comprendre comment avancer avec une foi toute nouvelle, et pourtant tellement ancienne ; pour parler de leurs doutes et se poser des questions, chanter ensemble leur amour pour le Dieu immuable de leurs ancêtres et qui venait d’anéantir la mort.

Et quand le groupe est trop grand, l’intimité souffre. Tout le monde n’a pas la parole, je ‘télécharge’ un savoir, avec 1000 autres tournés vers le même orateur, les mêmes musiciens.

Donc, nous y voilà : le mercredi soir c’est ‘village’. Un mot plutôt bien choisi pour décrire notre groupe hétéroclite d’une dizaine d’adultes et autant d’enfants, qui s’engagent à être ouverts et honnêtes les uns avec les autres. Les enfants sont gardés dans une autre pièce de la maison mais ils prient et chantent avec nous, et absorbent un sentiment de paix, quelque chose de juste et bon, qui j’espère marque leurs jeunes esprits.

Il y a des couples tout juste mariés, la vingtaine, et d’autres avec enfants ; ceux qui cherchent du travail et qui doivent compter leurs sous pour payer loyer et factures, et d’autres qui vivent dans d’énormes maisons à l’abri du besoin, ravis de jouer les hôtes d’un soir. Ceux qui ont grandit dans l’église, avec les blessures et cicatrices que cela peut causer, et ceux qui ont rencontré Dieu plus tard dans leur vie, au hasard d’un détour, et qui commencent tout juste leur chemin dans les pas de Jésus.

Les introvertis satisfaits de juste écouter et le leader qui guide les conversations ; le musicien qui joue de sa guitare pour accompagner les chants que nous offrons à Dieu en couvrant les voix de casseroles (mea culpa)

Tous, aussi hétéroclites que nous sommes avons choisi de fixer un soir par semaine pour se voir. Un moment à part pour se souvenir du Dieu d’amour, de justice et de paix, immuable et eternel, tellement grand et pourtant mystérieusement si près de nous.

Et malgré nos différences de passés, de personnalités, de points de vue, de situations ; ou peut-être bien grâce à ces divergences, quelque chose de beau se passe.

En se regardant les uns les autres, en écoutant nos histoires, en priant ensemble, et en lisant la Bible, c’est comme si des liens invisibles étaient lentement brodés entre nous. Chacun, en apportant son talent, son expérience, et l’histoire que Dieu continue d’écrire dans sa vie, se rend indispensable, un peu comme chaque pièce minuscule d’un mécanisme complexe.

Ces quelques personnes font déjà partie de ma vie, de mon histoire. Quelques semaines à peine depuis notre première rencontre et je ne peux, je ne veux oublier ces visages. Je veux observer, écouter, offrir mon aide, mes mots. Connaître chacun et être connue de ces âmes en chemin tout comme moi. Faire partie du tout.

Parce qu’au milieu des chants, des prières, des expériences partagées ; au milieu des enfants qui rient et courent en pyjama dans le salon et voient au coin de leur œil intrigué des parents s’intéressant les uns aux autres ; au sein de ce beau désordre, de ce chaos joyeux, la vie se déroule, une entité se crée ; l’amour grandit.

Je désire grandir, comprendre, apprendre. J’ai hâte de mieux connaître chacun, et au fil du temps, au fil des évènements heureux et difficiles aimer chaque être présent dans la pièce, qui marche comme moi un peu aveugle et vulnérable entre le ‘maintenant’ et le ‘pas encore’  entre le présent tellement palpable et l’éternité invisible.

Une réflexion sur “Village

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